Click au champ, puis CTRL+C pour copier le code HTML
Copie
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=4124" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Les fièvres</strong></div><div style="margin:10px 0">La plaine, au loin, est uniforme et morne <br>Et l'étendue est vide et grise <br>Et Novembre qui se précise <br>Bat l'infini, d'une aile grise.</div><div style="margin:10px 0">Sous leurs torchis qui se lézardent, <br>Les chaumières, là-bas, regardent <br>Comme des bêtes qui ont peur,<br>Et seuls les grands oiseaux d'espace <br>Jettent sur les enclos sans fleurs<br>Le cri des angoisses qui passent.</div><div style="margin:10px 0">L'heure est venue où les soirs mous<br>Pèsent sur les terres gangrenées,<br>Où les marais visqueux et blancs, <br>Dans leurs remous, <br>A longs bras lents, <br>Brassent les fièvres empoisonnées.</div><div style="margin:10px 0">Parfois, comme un hoquet,<br>Un flot pâteux mine la rive<br>Et la glaise, comme un paquet, <br>Tombe dans l'eau de bile et de salive.</div><div style="margin:10px 0">Puis tout s'apaise et s'aplanit ; <br>Des crapauds noirs, à fleur de boue, <br>Gonflent leur peau que deux yeux trouent ; <br>Et la lune monstrueuse préside, <br>Telle l'hostie <br>De l'inertie.</div><div style="margin:10px 0">De la vase profonde et jaune<br>D'où s'érigent, longues d'une aune,<br>Les herbes d'eaux,<br>Des brouillards lents comme des traînes<br>Déplient leur flottement, parmi les draines ;<br>On les peut suivre, à travers champs,<br>Vers les chaumes et les murs blancs ;<br>Leurs fils subtils de pestilence<br>Tissent la robe de silence,<br>Gaze verte, tulle blême,<br>Avec laquelle, au loin, la fièvre se promène,</div><div style="margin:10px 0">La fièvre, <br>Elle est celle qui marche, <br>Sournoisement, courbée en arche, <br>Et personne n'entend son pas. <br>Si la poterne des fermes ne s'ouvre pas,<br>Si la fenêtre est close, <br>Elle pénètre quand même et se repose, <br>Sur la chaise des vieux que les ans ploient, <br>Dans les berceaux où les petits larmoient <br>Et quelquefois elle se couche <br>Aux lits profonds où l'on fait souche.</div><div style="margin:10px 0">Avec ses vieilles mains dans l'âtre encor rougeâtre, <br>Elle attise les maladies<br>Non éteintes, mais engourdies ;<br>Elle se mêle au pain qu'on mange, <br>A l'eau morne changée en fange ;<br>Elle monte jusqu'aux greniers,<br>Dort dans les sacs et les paniers <br>Où s'entassent mille loques à vendre ; <br>Puis, un matin, de palier en palier <br>On écoute son pas sinistre et régulier <br>Descendre.</div><div style="margin:10px 0">Inutiles, voeux et pèlerinages <br>Et seins où l'on abrite les petits <br>Et bras en croix vers les images <br>Des bons anges et des vieux Christs. <br>Le mal hâve s'est installé dans la demeure.<br>Il vient, chaque vesprée, à tel moment, <br>Déchiqueter la plainte et le tourment, <br>Au régulier tic-tac de l'heure ; <br>Et l'horloge surgit déjà <br>Comme quelqu'un qui sonnera, <br>Lorsque viendra l'instant de la raison finie,<br>L'agonie.</div><div style="margin:10px 0">En attendant, les mois se passent à languir. <br>Les malades rapetissés,<br>Leurs genoux lourds, leurs bras cassés, <br>Avec, en main, leurs chapelets. <br>Quittant leur lit, s'y recouchant,<br>Fuyant la mort et la cherchant, <br>Bégaient et vacillent leurs plaintes, <br>Pauvres lumières, presque éteintes.</div><div style="margin:10px 0">Ils se traînent de chaumière en chaumière <br>Et d'âtre en âtre, <br>Se voir et doucement s'apitoyer,<br>Sur la dîme d'hommes qu'il faut payer, <br>Atrocement, à leur terre marâtre ; <br>Des silences profonds coupent les litanies <br>De leurs misères infinies ; <br>Et quelquefois, ils se regardent <br>Au jour douteux de la fenêtre, <br>Sans rien se dire, avec des pleurs, <br>Comme s'ils voulaient se reconnaître <br>Lorsque leurs yeux seront ailleurs.</div><div style="margin:10px 0">Ils se sentent de trop autour des tables <br>Où l'on mange rapidement <br>Un repas pauvre et lamentable ;<br>Leur coeur se serre, atrocement,<br>On les isole et les bêtes les flairent <br>Et les jurons et les colères <br>Volent autour de leur tourment.</div><div style="margin:10px 0">Aussi, lorsque la nuit, ne dormant pas, <br>Ils s'agitent entre leurs draps, <br>Songeant qu'aux alentours, de village en village, <br>Les brouillards blancs sont en voyage, <br>Voudraient-ils ouvrir la porte <br>Pour que d'un coup la fièvre les emporte, <br>Vers les marais des landes <br>Où les mousses et les herbes s'étendent <br>Comme un tissu pourri de muscles et de glandes <br>Où s'écoute, comme un hoquet, <br>Un flot pâteux miner la rive, <br>Où leur corps mort, comme un paquet, <br>Choirait dans l'eau de bile et de salive.</div><div style="margin:10px 0">Mais la lune, là-bas, préside, <br>Telle l'hostie <br>De l'inertie.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Emile+Verhaeren">Emile Verhaeren</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=4124" data-title="Les fièvres de Emile Verhaeren" data-description="La plaine, au loin, est uniforme et morne /Et l'étendue est vide et grise /Et Novembre qui se précise /Bat l'infini, d'une aile grise./Sous leurs torchis qui se lézardent, /Les chaumières, là-bas, regardent /Comme des bêtes qui ont peur,/Et ..."></div> </div> </div>
cadre en ligne (trait simple)
cadre en ligne interrompue (ligne coupée)
cadre en points de suspension (cadre en pointillés)
cadre en ligne double
cadre en ligne cannelée
cadre avec ligne en relief
cadre baissé
cadre élevé
sans cadre
bleu
vert
rouge
pourpré
azuré
doré
argenté
noir