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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3781" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Tristesse des bœufs</strong></div><div style="margin:10px 0">Voilà ce que me dit en reniflant sa prise<br>Le bon vieux laboureur, guêtré de toile grise.<br>Assis sur un des bras de sa charrue, ayant<br>Le visage en regard du soleil rougeoyant :</div><div style="margin:10px 0">« Ces pauv’ bêt’ d’animaux n’comprenn’ pas q’ la parole.<br>T’nez ! j’avais deux bœufs noirs !... Pour labourer un champ<br>C’était pas d’ leur causer ; non ! leur fallait du chant<br>Qui s’ mêle au souffl’ de l’air, aux cris d’ l’oiseau qui vole !</div><div style="margin:10px 0">Alors, creusant l’ sillon entr’ buissons, chên’s et viornes,<br>Vous les voyiez filer, ben lent’ment, dans ceux fonds,<br>Tels que deux gros lumas, l’un cont’ l’aut’, qui s’en vont<br>Ayant tiré d’ leu têt’ tout’ la longueur des cornes.</div><div style="margin:10px 0">L’ sillon fini, faisant leur demi-rond d’eux-mêmes,<br>I’s en r’commençaient un auprès, juste à l’endroit :<br>J’avais qu’à l’ver l’soc qui, rentré doux, r’glissait droit...<br>Ainsi, toujours pareil, du p’tit jour au soir blême.</div><div style="margin:10px 0">C’était du bel ouvrage aussi m’suré q’ leur pas,<br>Q’ ça soit pour le froment, pour l’avoin’, pour le seigle,<br>Tous ces sillons étaient jumeaux, droits comme un’ règle,<br>Et l’écart entr’ chacun comm’ pris par un compas.</div><div style="margin:10px 0">Par exempl’, fallait pas, dam’ ! q’ la chanson les quitte !<br>À preuv’ que quand, des fois, j’ la laissais pour prend’ vent,<br>I’ s’arrêtaient d’un coup, r’tournaient l’ mufle en bavant,<br>Et beurmaient tous les deux pour en d’mander la suite.</div><div style="margin:10px 0">Mais, c’est pas tout encor, dans l’air de la chanson<br>I v’laient d’ la même tristesse ayant toujou l’ mêm’ son,<br>À cell’ du vent et d’ l’arb’ toujou ben accordée.<br>Mais d’ la gaieté ? jamais i’ n’en voulur’ un brin !</div><div style="margin:10px 0">Ça tombait ben pour moi qui chantais mon chagrin.<br>Ya donc des animaux qu’ont du choix dans l’idée<br>Et qu’ont l’ naturel trist’ puisque, jamais joyeux,<br>Dans la couleur des bruits c’est l’noir qu’i’s aim’ le mieux.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3781" data-title="Tristesse des bœufs de Maurice Rollinat" data-description="Voilà ce que me dit en reniflant sa prise Le bon vieux laboureur, guêtré de toile grise. Assis sur un des bras de sa charrue, ayant Le visage en regard du soleil rougeoyant : « Ces pauv’ bêt’ d’animaux n’comprenn’ pas q’ la parol..."></div> </div> </div>
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