Click au champ, puis CTRL+C pour copier le code HTML
Copie
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3720" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Les Serpents</strong></div><div style="margin:10px 0">Auprès d’une rivière où des broussailles trempent,<br>Dans des chemins perdus, monticuleux et roux,<br>On les voit se traîner aux abords de leurs trous,<br>Onduleux chapelets de vertèbres qui rampent.</div><div style="margin:10px 0">Oh, le serpent ! Le si fantastique animal<br>Qui surgit brusquement des feuilles ou des pierres<br>Et qui laisse couler de ses yeux sans paupières<br>La lueur magnétique et féroce du mal !</div><div style="margin:10px 0">Car il a des regards aussi froids que des lames,<br>Qui tiennent en arrêt les moins épouvantés ;<br>Car il pompe l’oiseau de ses yeux aimantés<br>Et fait mourir de peur les crapauds et les femmes.</div><div style="margin:10px 0">Hideux comme la Mort et beau comme Satan<br>Dont il est le mystique et ténébreux emblème,<br>Son apparition rend toujours l’homme blême :<br>C’est le fantôme auquel jamais on ne s’attend.</div><div style="margin:10px 0">Et tandis que suant le crime et le mystère,<br>Tout un perfide essaim du monde végétal<br>Recèle inertement plus d’un venin fatal,<br>Il est le charrieur des poisons de la terre.</div><div style="margin:10px 0">Le talus, le fossé, l’ornière, le buisson<br>Brillent de sa couleur étincelante et sourde ;<br>Et la couleuvre agile et la vipère lourde<br>Allument dans la brande un tortueux frisson.</div><div style="margin:10px 0">Il en est dont la peau, comme dans les féeries,<br>Surprend l’œil ébloui par de tels chatoîments<br>Qu’on dirait, à les voir allongés et dormants,<br>Des rubans d’acier bleu lamés de pierreries.</div><div style="margin:10px 0">Complices de la ronce et des cailloux coupants,<br>Ils habitent les prés, les taillis et les berges ;<br>Et l’on voit dans l’horreur des grandes forêts vierges ;<br>Maints troncs d’arbres rugueux cravatés de serpents.</div><div style="margin:10px 0">Là, non loin du python qui fait sa gymnastique,<br>Le boa, par un ciel rutilant et soufré,<br>Digère à demi mort quelque buffle engouffré<br>Dans l’abîme visqueux de son corps élastique.</div><div style="margin:10px 0">En hiver le serpent s’encave dans les rocs ;<br>Il va s’ensevelir au creux pourri de l’arbre,<br>Ou roule en bracelet son pauvre corps de marbre<br>Sous les tas de fumier que piétinent les coqs.</div><div style="margin:10px 0">Mais après les frimas, la neige et les bruines,<br>Il gagne les ravins et le bord des torrents ;<br>Il remonte le dos écumeux des courants<br>Et grimpe, ainsi qu’un lierre, aux vieux murs en ruines.</div><div style="margin:10px 0">Comme un convalescent par les midis bénins,<br>Parfois il se hasarde et rôde à l’aventure,<br>Impatient de voir s’embraser la nature<br>Pour mieux inoculer ses terribles venins.</div><div style="margin:10px 0">Alors du fouillis d’herbe au monceau de rocailles,<br>Bougeur sobre et muet, sournois et cauteleux,<br>Il rampe avec lenteur et s’arrête frileux<br>Sous le soleil cuisant qui fourbit ses écailles.</div><div style="margin:10px 0">Solitaire engourdi qu’endort l’air étouffant,<br>Il écoute passer la brise insaisissable ;<br>Et les crépitements d’insectes sur le sable<br>Bercent son sommeil long comme un sommeil d’enfant.</div><div style="margin:10px 0">Réveillé, le voilà comme une ombre furtive<br>Qui se dresse en dardant ses crochets à demi,<br>Et qui, devant la proie ou devant l’ennemi,<br>Siffle comme la bise et la locomotive.</div><div style="margin:10px 0">Mais il aime le sol et la lumière ; il est<br>Le frôleur attendri des menthes et des roses ;<br>Sa colère se fond dans la douceur des choses,<br>Et cet empoisonneur est un buveur de lait.</div><div style="margin:10px 0">Aussi l’infortuné reptile mélomane<br>Qui se tord sous le poids de sa damnation<br>M’inspire moins d’effroi que de compassion :<br>J’aime ce réprouvé d’où le vertige émane.</div><div style="margin:10px 0">Et quand j’erre en scrutant le mystère de l’eau<br>Qui frissonne et qui luit dans la pénombre terne,<br>J’imagine souvent au fond d’une caverne<br>Les torpides amours du Cobra-Capello.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3720" data-title="Les Serpents de Maurice Rollinat" data-description="Auprès d’une rivière où des broussailles trempent, Dans des chemins perdus, monticuleux et roux, On les voit se traîner aux abords de leurs trous, Onduleux chapelets de vertèbres qui rampent. Oh, le serpent ! Le si fantastique animal Qui s..."></div> </div> </div>
cadre en ligne (trait simple)
cadre en ligne interrompue (ligne coupée)
cadre en points de suspension (cadre en pointillés)
cadre en ligne double
cadre en ligne cannelée
cadre avec ligne en relief
cadre baissé
cadre élevé
sans cadre
bleu
vert
rouge
pourpré
azuré
doré
argenté
noir