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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3704" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Les Parfums</strong></div><div style="margin:10px 0">Un parfum chante en moi comme un air obsédant :<br>Tout mon corps se repaît de sa moindre bouffée,<br>Et je crois que j’aspire une haleine de fée,<br>Qu’il soit proche ou lointain, qu’il soit vague ou strident.</div><div style="margin:10px 0">Fils de l’air qui les cueille ou bien qui les déterre,<br>Ils sont humides, mous, froids ou chauds comme lui,<br>Et, comme l’air encor, dès que la lune a lui,<br>Ils ont plus de saveur ayant plus de mystère.</div><div style="margin:10px 0">Oh oui ! dans l’ombre épaisse ou dans le demi-jour,<br>Se gorger de parfums comme d’une pâture,<br>C’est bien subodorer l’urne de la Nature,<br>Humer le souvenir, et respirer l’amour !</div><div style="margin:10px 0">Ces doux asphyxieurs aussi lents qu’impalpables<br>Divinisent l’extase au milieu des sophas,<br>Et les folles Iñès et les pâles Raphas<br>En pimentent l’odeur de leurs baisers coupables.</div><div style="margin:10px 0">Ils font pour me bercer d’innombrables trajets<br>Dans l’air silencieux des solitudes mornes,<br>Et là, se mariant à mes rêves sans bornes,<br>Savent donner du charme aux plus hideux objets.</div><div style="margin:10px 0">Toute la femme aimée est dans le parfum tiède<br>Qui sort comme un soupir des flacons ou des fleurs,<br>Et l’on endort l’ennui, le vieux Roi des douleurs,<br>Avec cet invisible et délicat remède.</div><div style="margin:10px 0">Sois béni, vert printemps, si cher aux cœurs blessés,<br>Puisqu’en ressuscitant la flore ensevelie<br>Tu parfumes de grâce et de mélancolie<br>Les paysages morts que l’hiver a laissés.</div><div style="margin:10px 0">Tous les cœurs désolés, toutes les urnes veuves<br>Leur conservent un flair pieux, et l’on a beau<br>Vivre ainsi qu’un cadavre au fond de son tombeau,<br>Les parfums sont toujours des illusions neuves.</div><div style="margin:10px 0">S’ils errent, dégagés de tout mélange impur,<br>Rampant sur la couleur, chevauchant la musique,<br>On est comme emporté loin du monde physique<br>Dans un paradis bleu chaste comme l’azur !</div><div style="margin:10px 0">Mais lorsque se mêlant aux senteurs de la femme<br>Dont la seule âcreté débauche la raison,<br>Ils en font un subtil et capiteux poison<br>Qu’aspirent à longs traits les narines en flamme,</div><div style="margin:10px 0">C’est le Vertige aux flux et reflux scélérats<br>Qui monte à la cervelle et perd la conscience,<br>Et l’on mourrait alors avec insouciance<br>Si la Dame aux parfums disait : « Meurs dans mes bras ! »</div><div style="margin:10px 0">Complices familiers des lustres et des cierges,<br>Ils sont tristes ou gais, chastes ou corrupteurs ;<br>Et plus d’un sanctuaire a d’impures senteurs<br>Qui vont parler d’amour aux muqueuses des vierges.</div><div style="margin:10px 0">Par eux, l’esprit s’aiguise et la chair s’ennoblit ;<br>Ils chargent de langueur un mouchoir de batiste,<br>Et pour le sensuel et fastueux artiste,<br>Ils sont les receleurs du songe et de l’oubli :</div><div style="margin:10px 0">— Jusqu’à ce que l’infecte et mordante mixture<br>De sciure de bois, de son et de phénol<br>Saupoudre son corps froid, couleur de vitriol,<br>Dans le coffre du ver et de la pourriture.<br></div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3704" data-title="Les Parfums de Maurice Rollinat" data-description="Un parfum chante en moi comme un air obsédant : Tout mon corps se repaît de sa moindre bouffée, Et je crois que j’aspire une haleine de fée, Qu’il soit proche ou lointain, qu’il soit vague ou strident. Fils de l’air qui les cueille ou..."></div> </div> </div>
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