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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3697" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Les Météores</strong></div><div style="margin:10px 0">Hugo ! monde farouche ! Etna de poésie !<br>Pour l’éteindre, la mer n’aurait pas assez d’eau.<br>Prodigieux contraste ! immense fantaisie !<br>Créant Esméralda près de Quasimodo !…</div><div style="margin:10px 0">Hugo ! c’est le clairon gigantesque qui sonne<br>La fanfare du droit et de la liberté !<br>Et ses vers, blancs chevaux que l’art caparaçonne,<br>Galopent dans la nuit du rêve illimité.</div><div style="margin:10px 0">Barbier ! brasier lyrique où l’ïambe s’allume !<br>Forge cyclopéenne et rugissante ! enfer<br>Où le métal rougi se tord sur une enclume<br>Que martèlent sans fin des assommeurs de fer.</div><div style="margin:10px 0">Lamartine ! Eden pur où des harpes étranges<br>Vibrent si doucement dans un air embaumé<br>Qu’on dirait un écho de la lyre des anges<br>Tombé du haut du ciel sur le monde charmé.</div><div style="margin:10px 0">Alexandre Dumas ! où les drames bouillonnent,<br>Phalange de héros fiers comme des défis !<br>Vaste océan d’humour que les rires sillonnent,<br>O colosse ! à quelle œuvre énorme tu suffis.</div><div style="margin:10px 0">Balzac ! burin du siècle imprégné de névrose<br>Qui, sur tous les métaux avec férocité,<br>Se condamne à graver des poèmes en prose<br>Où vibrent les sanglots de la modernité.</div><div style="margin:10px 0">Balzac ! sombre théâtre où l’humanité joue,<br>Rue étrange où l’avare au bras de la catin<br>Passent, la boue au cœur et le fard sur la joue,<br>Suivis de l’adultère infâme et clandestin !</div><div style="margin:10px 0">George Sand ! à jamais reine des bucoliques !<br>Musique des baisers d’une exquise longueur !<br>Clairière de l’extase, où les mélancoliques<br>Vont se griser d’amour, de vague et de langueur.</div><div style="margin:10px 0">Musset ! île de foi dans l’océan du doute,<br>Rêve d’amour éclos sur un corps acheté,<br>Poison délicieux qu’on aime et qu’on redoute<br>Tant l’ivresse qu’il donne a de morosité.</div><div style="margin:10px 0">De Vigny ! crépuscule automnal où l’on hume<br>Le mystère des bois, où l’oiseau jase encor<br>Et qu’attriste parfois au milieu de la brume<br>La fanfare plaintive et lointaine du cor.</div><div style="margin:10px 0">Gautier ! ciseau païen sculptant dans la matière<br>Les glorieux contours d’un buste sans égal,<br>Palais de la couleur, où la nature entière<br>Rit sur des plafonds d’or embrumés d’idéal.</div><div style="margin:10px 0">Bouilhet ! ravin boisé dont les bruits vous enchantent,<br>Savoureur d’exotisme et barde magicien,<br>Qui dans un chatoiement d’escarboucles qui chantent<br>Evoque tout un monde antédiluvien.</div><div style="margin:10px 0">Flaubert ! scalpel des sens et bistouri de l’âme<br>Qui fouille l’être et sonde impitoyablement<br>Cette lubricité qui s’appelle : la femme,<br>Et cette lâcheté qui s’appelle : l’amant.</div><div style="margin:10px 0">Baudelaire ! Élixir de spleen et d’ironie,<br>Harem vertigineux des modernes Saphos !<br>Bal sinistre où l’orchestre a des sons d’agonie,<br>Et que la mort traverse en agitant sa faux.</div><div style="margin:10px 0">Pierre Dupont ! senteur, âme des sapinières,<br>Hymne des raisins mûrs et des jaunes épis,<br>Clair de lune irisant les flaques des marnières,<br>Pacage ensoleillé plein de bœufs accroupis.</div><div style="margin:10px 0">Barbey d’Aurevilly ! c’est la plume effroyable,<br>La plume qui fait peur au papier frémissant,<br>Car elle écrit les mots que lui dicte le diable<br>Avec du vitriol, des larmes et du sang.</div><div style="margin:10px 0">Banville ! buisson vert où fauvettes et merles<br>Chantent avec tant d’art que plus d’un rossignol<br>Jalouse leur gosier d’où s’échappent en perles<br>Le lyrisme d’Orphée et l’entrain de Guignol !</div><div style="margin:10px 0">Et Leconte de Lisle ! âme des pics farouches<br>Contre qui vainement la foudre se rua !<br>Forêt vierge où se mêle au vol des oiseaux-mouches<br>Le rampement du tigre et du serpent boa.</div><div style="margin:10px 0">Poètes ! vin du cœur ! suprême friandise !<br>Je m’abreuve à longs traits de vos chères saveurs !<br>La vie est un enfer où je m’emparadise<br>Puisque je bois votre âme, ô sublimes rêveurs !<br></div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3697" data-title="Les Météores de Maurice Rollinat" data-description="Hugo ! monde farouche ! Etna de poésie ! Pour l’éteindre, la mer n’aurait pas assez d’eau. Prodigieux contraste ! immense fantaisie ! Créant Esméralda près de Quasimodo !… Hugo ! c’est le clairon gigantesque qui sonne La fanfare du..."></div> </div> </div>
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