Click au champ, puis CTRL+C pour copier le code HTML
Copie
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3682" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Les Genêts</strong></div><div style="margin:10px 0">Ce frais matin tout à fait sobre<br>De vent froid, de nuage errant,<br>Est le sourire le plus franc<br>De ce mélancolique octobre.</div><div style="margin:10px 0">Lumineusement, l’herbe fume<br>Vers la cime des châtaigniers<br>Qui se pâment — désenfrognés<br>Par le soleil qui les rallume.</div><div style="margin:10px 0">Les collines de la bruyère,<br>Claires, se montrent de plus près<br>Leurs dégringolantes forêts<br>Semblant descendre à la rivière.</div><div style="margin:10px 0">Celle-ci bombe, se balance<br>Et huileusement fait son bruit<br>Qui s’en va, revient, se renfuit,<br>Comme un bercement du silence.</div><div style="margin:10px 0">Le vert-noir de l’eau se confronte<br>Avec le bleu lacté du ciel<br>À travers la douceur de miel<br>D’un air pur où le parfum monte :</div><div style="margin:10px 0">Un arome sensible à peine,<br>Celui de la plante qui meurt<br>Exhalant sa vie et son cœur<br>En soufflant sa dernière haleine.</div><div style="margin:10px 0">Or, dans ces fonde où l’on commence<br>À voir, des buissons aux rochers,<br>Des fils de la Vierge accrochés,<br>Rêve un clos de genêts immense.</div><div style="margin:10px 0">Ils épandent là, — si touffue,<br>En si compacte quantité !<br>— Leur couleur évoquant l’été,<br>Qu’ils cachent le sol à la vue.</div><div style="margin:10px 0">Ils ont tout couvert — fougeraies,<br>Ronce, ajonc, l’herbe, le chiendent.<br>Sans un vide, ils vont s’étendant<br>Des quatre cotés jusqu’aux haies.</div><div style="margin:10px 0">A-t-il fallu qu’elle soit grande<br>La solitude de ce val,<br>Pour que ce petit végétal<br>Ait englouti toute une brande !</div><div style="margin:10px 0">Promenoir gênant, mais bon gîte,<br>Abri sûr, labyrinthe épais<br>Du vieux reptile aimant la paix<br>Et du lièvre qu’une ombre agite !</div><div style="margin:10px 0">Leur masse est encore imprégnée<br>Des pleurs de l’aube : ces balais<br>Montrent des petits carrelets<br>En fine toile d’araignée.</div><div style="margin:10px 0">Parmi ces teintes déjà rousses<br>Du grand feuillage décrépit<br>Ils sont d’un beau vert, en dépit<br>Du noir desséché de leurs gousses.</div><div style="margin:10px 0">Leur verdoiement est le contraire<br>De celui du triste cyprès :<br>Il n’évoque pour les regrets<br>Aucune image funéraire ;</div><div style="margin:10px 0">Et pourtant, que jaune-immortelle<br>Leur floraison éclate ! Alors,<br>Tout bas, ils parleront des morts<br>Aux yeux du souvenir fidèle.</div><div style="margin:10px 0">Ayant picoté les aumônes<br>Du bon hasard, dans les guérets,<br>Les pinsons, les chardonnerets<br>S’y mêlent rougeâtres et jaunes ;</div><div style="margin:10px 0">Et souvent, aux plus hautes pointes,<br>Dans un nimbe de papillons,<br>On voit ces menus oisillons<br>Perchés roides, les pattes jointes.</div><div style="margin:10px 0">Mais le soleil qui se rapproche<br>Perd sa tiédeur et son éclat.<br>Déjà, tel arbre apparaît plat<br>Sur le recul de telle roche ;</div><div style="margin:10px 0">Toute leur surface embrumée<br>De marécageuse vapeur,<br>Les genêts dorment la stupeur<br>De leur extase inanimée.</div><div style="margin:10px 0">Monstrueux de hauteur, de nombre,<br>Dans ce paysage de roc,<br>Ils sont là figés, tout d’un bloc,<br>D’air plus monotone et plus sombre.</div><div style="margin:10px 0">En leur vague entour léthargique<br>Ils prennent, sous l’azur dormant,<br>Un mystère d’enchantement,<br>Une solennité magique.</div><div style="margin:10px 0">Voici qu’avec le jour plus pâle<br>À droite, à gauche, on ne sait où,<br>Sur les bords, au milieu, partout,<br>On entend le chant bref du râle :</div><div style="margin:10px 0">Et c’est d’une horreur infinie<br>Ce cri qui souterrainement<br>Contrefait le respirement<br>D’un être humain à l’agonie !</div><div style="margin:10px 0">Puis le ciel baisse à l’improviste,<br>Devient noir, presque ténébreux.<br>Les genêts s’éteignent. — Sur eux<br>La pluie avorte froide et triste.</div><div style="margin:10px 0">Et le vent gémissant lugubre,<br>Au soir mauvais d’un jour si beau,<br>Emporte dans l’air et sur l’eau<br>Leur odeur amère et salubre.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3682" data-title="Les Genêts de Maurice Rollinat" data-description="Ce frais matin tout à fait sobre De vent froid, de nuage errant, Est le sourire le plus franc De ce mélancolique octobre. Lumineusement, l’herbe fume Vers la cime des châtaigniers Qui se pâment — désenfrognés Par le soleil qui les rallu..."></div> </div> </div>
cadre en ligne (trait simple)
cadre en ligne interrompue (ligne coupée)
cadre en points de suspension (cadre en pointillés)
cadre en ligne double
cadre en ligne cannelée
cadre avec ligne en relief
cadre baissé
cadre élevé
sans cadre
bleu
vert
rouge
pourpré
azuré
doré
argenté
noir