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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3661" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Les Choses</strong></div><div style="margin:10px 0">Non ! Ce n’est pas toujours le vent<br>Qui fait bouger l’herbe ou la feuille,<br>Et quand le zéphyr se recueille,<br>Plus d’un épi tremble souvent.</div><div style="margin:10px 0">Soufflant le parfum qu’elle couve,<br>Suant le poison sécrété,<br>La fleur bâille à la volupté,<br>Et dit le désir qu’elle éprouve.</div><div style="margin:10px 0">Certaines donnent le vertige<br>Par le monstrueux de leur air,<br>Engloutissent, pompent la chair,<br>Sont des gueules sur une tige.</div><div style="margin:10px 0">L’eau rampe comme le nuage<br>Ou se darde comme l’éclair,<br>Faisant triste ou gai, terne ou clair<br>Sa rumeur ou son babillage.</div><div style="margin:10px 0">Sans tous les jeux de la lumière,<br>Sans les ombres et les reflets,<br>Les rochers gris et violets<br>Se posturent à leur manière.</div><div style="margin:10px 0">Tel pleure dans sa somnolence,<br>Un autre, sec comme le bois,<br>Aura cette espèce de voix<br>Qui fait marmonner le silence.</div><div style="margin:10px 0">L’âme parcourt comme la sève<br>Les objets les plus abîmés<br>Dans la mort, — ils sont animés<br>Pour tous les organes du rêve :</div><div style="margin:10px 0">Pour ceux-ci, l’exigu, l’énorme<br>Existent par le frôlement,<br>La couleur, le bruissement,<br>Par la senteur et par la forme.</div><div style="margin:10px 0">Nous pensons que les choses vivent…<br>C’est pourquoi nous les redoutons.<br>Il est des soirs où nous sentons<br>Qu’elles nous parlent et nous suivent.</div><div style="margin:10px 0">Par elles les temps nous reviennent,<br>Elles retracent l’effacé,<br>Et racontent l’obscur passé<br>Comme des vieux qui se souviennent.</div><div style="margin:10px 0">Elles dégagent pour notre âme<br>Du soupçon ou de la pitié,<br>Paix, antipathie, amitié,<br>Du contentement ou du blâme.</div><div style="margin:10px 0">À nos peines, à nos délices,<br>Participant à leur façon,<br>Suivant nos actes, elles sont<br>Des ennemis ou des complices.</div><div style="margin:10px 0">Chacune, simple ou nuancée,<br>Émet de sa construction<br>Une signification<br>Qui s’inflige à notre pensée.</div><div style="margin:10px 0">Plus d’une, à force de confire<br>En tête à tête avec le deuil<br>Prend la figure du cercueil<br>Et de la Mort pour ainsi dire.</div><div style="margin:10px 0">Comme une autre, usuel témoin<br>D’une allégresse coutumière,<br>Met du rire et de la lumière,<br>De l’hilarité dans son coin.</div><div style="margin:10px 0">Les saules pleureurs se roidissent<br>Dans l’éplorement infini,<br>La branche d’orme vous bénit,<br>Les bras des vieux chênes maudissent.</div><div style="margin:10px 0">L’une a l’allure prophétesse,<br>Une autre exprime du tourment ;<br>Toutes rendent le sentiment<br>De la joie ou de la tristesse.</div><div style="margin:10px 0">Celle-là que maigrit, allonge,<br>La crépusculaire vapeur,<br>Revêt le hideux de la peur<br>Et le fantastique du songe</div><div style="margin:10px 0">L’assassin voit la nue en marbre<br>S’ensanglanter sur son chemin,<br>Et la hache grince à la main<br>Qui lui fait massacrer un arbre.</div><div style="margin:10px 0">Souvent, l’aube lancine et froisse<br>Le remords avec sa fraîcheur,<br>Et la neige avec sa blancheur<br>Épand des ténèbres d’angoisse.</div><div style="margin:10px 0">Si par son aspect telle chose<br>Toutes les fois ne nous dit rien,<br>À chaque rencontre d’où vient<br>Que notre œil l’évite ou s’y pose ?…</div><div style="margin:10px 0">Notre intelligence retorse<br>Déshonore leur don brutal<br>En prêtant son savoir du mal<br>À ces aveugles de la force.</div><div style="margin:10px 0">Hélas ! pour combien d’entre celles<br>Qui sont barbares par destin,<br>L’homme n’a qu’un but qu’il atteint :<br>Les rendre encore plus cruelles !</div><div style="margin:10px 0">Que ce sentiment vienne d’elles<br>Ou leur soit supposé par nous,<br>On leur trouve un semblant jaloux<br>Quand nous leur sommes infidèles.</div><div style="margin:10px 0">On le sent : comme à l’innocence<br>On leur doit pudeur et respect,<br>Et l’on offense leur aspect<br>Par la débauche et la licence.</div><div style="margin:10px 0">L’âme habite bloc et poussière :<br>Toute forme d’inanimé.<br>Son frisson y bat renfermé<br>Comme le cœur de la matière.</div><div style="margin:10px 0">Et, de leur air doux ou farouche,<br>Indifférent ou curieux,<br>Semblant nous regarder sans yeux,<br>Et nous interpeller sans bouche,</div><div style="margin:10px 0">Comme nous, ces sœurs en mystère,<br>En horreur, en fatalité,<br>Reflètent pour l’éternité<br>L’ennui du ciel et de la terre.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3661" data-title="Les Choses de Maurice Rollinat" data-description="Non ! Ce n’est pas toujours le vent Qui fait bouger l’herbe ou la feuille, Et quand le zéphyr se recueille, Plus d’un épi tremble souvent. Soufflant le parfum qu’elle couve, Suant le poison sécrété, La fleur bâille à la volupté, E..."></div> </div> </div>
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