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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3658" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Les Cheveux</strong></div><div style="margin:10px 0">J’aimais ses cheveux noirs comme des fils de jais<br>Et toujours parfumés d’une exquise pommade,<br>Et dans ces lacs d’ébène où parfois je plongeais<br>S’assoupissait toujours ma luxure nomade.</div><div style="margin:10px 0">Une âme, un souffle, un cœur vivaient dans ces cheveux<br>Puisqu’ils étaient songeurs, animés et sensibles,<br>Moi, le voyant, j’ai lu de bizarres aveux<br>Dans le miroitement de leurs yeux invisibles.</div><div style="margin:10px 0">La voix morte du spectre à travers son linceul,<br>Le verbe du silence au fond de l’air nocturne,<br>Ils l’avaient : voix unique au monde que moi seul<br>J’entendais résonner dans mon cœur taciturne.</div><div style="margin:10px 0">Avec la clarté blanche et rose de sa peau<br>Ils contrastaient ainsi que l’aurore avec l’ombre ;<br>Quand ils flottaient, c’était le funèbre drapeau<br>Que son spleen arborait à sa figure sombre.</div><div style="margin:10px 0">Coupés, en torsions exquises se dressant,<br>Sorte de végétal, ayant l’humaine gloire,<br>Avec leur aspect fauve, étrange et saisissant,<br>Ils figuraient à l’œil une mousse très noire.</div><div style="margin:10px 0">Épars, sur les reins nus, aux pieds qu’ils côtoyaient<br>Ils faisaient vaguement des caresses musquées ;<br>Aux lueurs de la lampe ardents ils chatoyaient<br>Comme en un clair-obscur l’œil des filles masquées.</div><div style="margin:10px 0">Quelquefois ils avaient de gentils mouvements<br>Comme ceux des lézards au flanc d’une rocaille,<br>Ils aimaient les rubis, l’or et les diamants,<br>Les épingles d’ivoire et les peignes d’écaille.</div><div style="margin:10px 0">Dans l’alcôve où brûlé de désirs éternels<br>J’aiguillonnais en vain ma chair exténuée,<br>Je les enveloppais de baisers solennels<br>Étreignant l’idéal dans leur sombre nuée.</div><div style="margin:10px 0">Des résilles de soie où leurs anneaux mêlés<br>S’enroulaient pour dormir ainsi que des vipères,<br>Ils tombaient d’un seul bond touffus et crespelés<br>Dans les plis des jupons, leurs chuchotants repaires.</div><div style="margin:10px 0">Aucun homme avant moi ne les ayant humés,<br>Ils ne connaissaient pas les débauches sordides ;<br>Virginalement noirs, sous mes regards pâmés<br>Ils noyaient l’oreiller avec des airs candides.</div><div style="margin:10px 0">Quand les brumes d’hiver rendaient les cieux blafards,<br>Ils s’entassaient, grisés par le parfum des fioles,<br>Mais ils flottaient l’été sur les blancs nénuphars<br>Au glissement berceur et langoureux des yoles.</div><div style="margin:10px 0">Alors, ils préféraient les bluets aux saphirs,<br>Les roses au corail et les lys aux opales ;<br>Ils frémissaient au souffle embaumé des zéphirs<br>Simplement couronnés de marguerites pâles.</div><div style="margin:10px 0">Quand parfois ils quittaient le lit, brûlants et las,<br>Pour venir aspirer la fraîcheur des aurores,<br>Ils s’épanouissaient aux parfums des lilas<br>Dans un cadre chantant d’oiseaux multicolores.</div><div style="margin:10px 0">Et la nuit, s’endormant dans la tiédeur de l’air<br>Si calme, qu’il n’eût pas fait palpiter des toiles,<br>Ils recevaient ravis, du haut du grand ciel clair,<br>La bénédiction muette des étoiles.</div><div style="margin:10px 0">Mais elle blêmissait de jour en jour ; sa chair<br>Quittait son ossature, atome par atome,<br>Et navré, je voyais son pauvre corps si cher<br>Prendre insensiblement l’allure d’un fantôme.</div><div style="margin:10px 0">Puis à mesure, hélas ! que mes regards plongeaient<br>Dans ses yeux qu’éteignait la mort insatiable,<br>De moments en moments, ses cheveux s’allongeaient<br>Entraînant par leur poids sa tête inoubliable.</div><div style="margin:10px 0">Et quand elle mourut au fond du vieux manoir,<br>Ils avaient tant poussé pendant son agonie,<br>Que j’en enveloppai comme d’un linceul noir<br>Celle qui m’abreuvait de tendresse infinie.</div><div style="margin:10px 0">Ainsi donc, tes cheveux furent tes assassins.<br>Leur perfide longueur à la fin t’a tuée,<br>Mais, comme aux jours bénis où fleurissaient tes seins,<br>Dans le fond de mon cœur je t’ai perpétuée.<br></div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3658" data-title="Les Cheveux de Maurice Rollinat" data-description="J’aimais ses cheveux noirs comme des fils de jais Et toujours parfumés d’une exquise pommade, Et dans ces lacs d’ébène où parfois je plongeais S’assoupissait toujours ma luxure nomade. Une âme, un souffle, un cœur vivaient dans ces ..."></div> </div> </div>
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