Click au champ, puis CTRL+C pour copier le code HTML
Copie
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3629" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Le Vieux Chaland</strong></div><div style="margin:10px 0">Voyez ! j’vis seul dans c’grand moulin<br> Dont plus jamais l’tic tac résonne ;<br> J’m’en occup’ plus, n’ayant personne...<br> Mais c’est l’sort : jamais je n’m’ai plaint.<br> C’t’existenc’ déserte et si r’cluse<br> Ent’ la montagne et la forêt<br> Plaît à mon goût q’aim’ le secret,<br> Puis, j’ai mon copain sur l’écluse !</div><div style="margin:10px 0"> Le v’là ! c’est l’grand chaland d’famille.<br> À présent, ses flancs et sa quille<br> Sont usés ; l’malheureux bateau,<br> Malgré que j’le soigne, i’ prend d’l’eau,<br> Tout ainsi q’moi j’prends d’la faiblesse.<br> Ah dam’ ! c’est q’d’âg’ nous nous suivons,<br> Et q’sans r’mèd’ tous deux nous avons<br> L’mêm’ vilain mal q’est la vieillesse.</div><div style="margin:10px 0"> Des vrais madriers q’ses traverses !<br> Et qui n’sont pas prêts d’êt’ rompus.<br> C’est bâti comme on n’bâtit plus !<br> Trop bien assis pour que ça verse.<br> En a-t-i’ employé du chêne<br> Aussi droit q’long, et pas du m’nu !<br> C’bateau plat q’j’ai toujou’ connu<br> Avec sa même énorm’ grand’ chaîne !</div><div style="margin:10px 0"> Pour nous, maint’nant, le r’pos et l’songe<br> C’est plus guèr’ que du croupiss’ment.<br> À séjourner là, fixement,<br> Lui, l’eau, moi, l’ennui, — ça nous ronge.<br> Mais, n’ya plus d’force absolument.<br> Faut s’ménager pour qu’on s’prolonge !<br> Si j’disais non ! ça s’rait mensonge.<br> J’somm’ trop vieux pour le navig’ment.</div><div style="margin:10px 0"> Sûr que non ! c’est pas comme aut’fois,<br> Du temps q’yavait tant d’truit’ et d’perches,<br> « Au bateau ! » m’criaient tout’ les voix...<br> Les pêcheurs étaient à ma r’cherche ;<br> À tous les instants mes gros doigts<br> Se r’courbaient, noués sur ma perche.</div><div style="margin:10px 0"> Malheur ! quel bon chaland c’était !<br> Vous parlez que c’lui-là flottait<br> Sans jamais broncher sous la charge !<br> Toujours ferme à tous les assauts<br> Des plus grands vents, des plus grand’s eaux,<br> I’ filait en long comme en large.</div><div style="margin:10px 0"> Et la nuit, sous la lun’ qui glisse,<br> Quand, prom’nant mes yeux d’loup-cervier,<br> J’pêchais tout seul à l’épervier,<br> Oh ! qu’il était donc bon complice !<br> Comme i’ manœuvrait son coul’ment,<br> En douceur d’huil’, silencieus’ment,<br> Aussi mort que l’onde était lisse !</div><div style="margin:10px 0"> I’ savait mes façons, c’que c’est !<br> On aurait dit qu’i’ m’connaissait.<br> Qu’il avait une âm’ dans sa masse.<br> À mes souhaits, tout son gros bois<br> Voguait comm’ s’il avait pas d’poids,<br> Ou ben rampait comme un’ limace.</div><div style="margin:10px 0"> Oui ! dans c’temps-là, j’étions solides.<br> Il avait pas d’mouss’ — moi, pas d’rides.<br> J’aimions les aventur’ chacun ;<br> Et tous deux pour le goût d’la nage<br> Nous étions d’si près voisinage<br> Q’toujours ensemble on n’faisait qu’un.</div><div style="margin:10px 0"> Sur l’écluse i’ s’en allait crâne,<br> J’crois qu’on aurait pu, l’bon Dieu m’damne !<br> Y fair’ porter toute un’ maison.<br> En a-t-i’ passé des foisons<br> D’bœufs, d’chevaux, d’cochons, d’ouaill’ et d’ânes !</div><div style="margin:10px 0"> I’ charriait pomm’ de terr’, bett’raves,<br> D’quoi vous en remplir toute un’ cave,<br> Du blé, du vin, ben d’autr’ encor,<br> Des madriers, des pierr’, des cosses,<br> Et puis des baptêm’ et des noces,<br> Sans compter qu’i’ passait des morts.<br> </div><div style="margin:10px 0"> Oh ! C’est ben pour ça qu’en moi-même<br> Autant je l’respecte et je l’aime<br> Mon pauv’ vieux chaland vermoulu ;<br> C’est qu’un à un sur la rivière<br> Il a passé pour le cim’tière<br> Tous mes gens que je n’verrai plus.</div><div style="margin:10px 0"> J’ai fait promettre à la commune<br> À qui j’lég’rai ma petit’ fortune<br> Q’jusqu’à temps qu’i’ coule au fond d’l’eau,<br> On l’laiss’ra tranquill’ sous c’bouleau,<br> Dans sa moisissure et sa rouille.<br> J’mourrai content pac’que l’lend’main,<br> Pendant un tout p’tit bout d’chemin,<br> C’est lui qui port’ra ma dépouille.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3629" data-title="Le Vieux Chaland de Maurice Rollinat" data-description="Voyez ! j’vis seul dans c’grand moulin Dont plus jamais l’tic tac résonne ; J’m’en occup’ plus, n’ayant personne... Mais c’est l’sort : jamais je n’m’ai plaint. C’t’existenc’ déserte et si r’cluse Ent’ la mon..."></div> </div> </div>
cadre en ligne (trait simple)
cadre en ligne interrompue (ligne coupée)
cadre en points de suspension (cadre en pointillés)
cadre en ligne double
cadre en ligne cannelée
cadre avec ligne en relief
cadre baissé
cadre élevé
sans cadre
bleu
vert
rouge
pourpré
azuré
doré
argenté
noir