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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3622" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Le Val des marguerites</strong></div><div style="margin:10px 0">C’est au fond d’un ravin fantastique et superbe<br>Où maint rocher lépreux penche et dresse le front :<br>Une espèce de puits gigantesquement rond<br>Dont l’eau n’aurait servi qu’à faire pousser l’herbe.</div><div style="margin:10px 0">Là, le mystère ému déployant ses deux ailes<br>Fantomatise l’air, les pas et les reflets :<br>Il semble, à cet endroit, que des lutins follets<br>Accrochent leurs zigzags à ceux des demoiselles.</div><div style="margin:10px 0">L’horreur des alentours en ferme les approches ;<br>L’écho n’y porte pas le sifflet des convois ;<br>Ses murmures voilés ont le filet de voix<br>Des gouttelettes d’eau qui filtrent sous les roches.</div><div style="margin:10px 0">C’est si mort et si frais, il y flotte, il y vague<br>Tant de silence neuf, de bruit inentendu,<br>Que l’on pressent toujours en ce vallon perdu<br>Quelque apparition indéfiniment vague !</div><div style="margin:10px 0">Il n’a jamais connu ni moutons, ni chevrettes,<br>Ni bergère qui chante en tenant ses tricots ;<br>Les tiges de bluets et de coquelicots<br>N’y font jamais hocher leurs petites aigrettes :</div><div style="margin:10px 0">Mais, entre ses grands houx droits comme des guérites,<br>Ce val, si loin des champs, des prés et des manoirs,<br>Cache, tous les étés, ses gazons drus et noirs<br>Sous un fourmillement de hautes marguerites.</div><div style="margin:10px 0">Chœur vibrant et muet, innocent et paisible,<br>Où chaque pâquerette, à côté de sa sœur,<br>A des mouvements blancs d’une extrême douceur,<br>Dans la foule compacte et cependant flexible.</div><div style="margin:10px 0">L’oiseau, pour les frôler, quitte l’orme et l’érable ;<br>Et le papillon gris, dans un mol unisson,<br>Y confond sa couleur, sa grâce et son frisson<br>Quand il vient y poser son corps impondérable.</div><div style="margin:10px 0">Le Gnome en phaéton voit dans chacune d’elles<br>Une petite roue au moyeu d’or bombé,<br>Et le Sylphe y glissant pense qu’il est tombé<br>Sur un nuage ami de ses battements d’ailes.</div><div style="margin:10px 0">La Nature contemple avec sollicitude<br>Ce petit peuple frêle, onduleux et tremblant<br>Qu’elle a fait tout exprès pour mettre un manteau blanc<br>À la virginité de cette solitude.</div><div style="margin:10px 0">On dirait que le vent qui jamais ne les froisse<br>Veut épargner ici les fleurs des grands chemins,<br>Qui plaisent aux yeux purs, tentent les tristes mains,<br>Et que l’Amour peureux consulte en son angoisse.</div><div style="margin:10px 0">Nul arôme ne sort de leur corolle blême ;<br>Mais au lieu d’un parfum mortel ou corrupteur,<br>Elles soufflent aux cieux la mystique senteur<br>De la simplicité dont elles sont l’emblème.</div><div style="margin:10px 0">Et toutes, chuchotant d’imperceptibles phrases,<br>Semblent remercier l’azur qui, tant de fois,<br>Malgré le mur des rocs et le rideau des bois,<br>Leur verse de si près ses lointaines extases.</div><div style="margin:10px 0">Avant que le matin, avec ses doigts d’opale,<br>N’ait encore essuyé leurs larmes de la nuit,<br>Elles feraient songer aux vierges de l’ennui<br>Qui s’éveillent en pleurs, et la face plus pâle.</div><div style="margin:10px 0">Le soleil les bénit de ses yeux sans paupières,<br>Et, fraternellement, ce Gouffre-Paradis<br>Reçoit, comme un baiser des alentours maudits,<br>L’âme des végétaux et le soupir des pierres.</div><div style="margin:10px 0">Puis, la chère tribu, quand le soir se termine,<br>Sous la lune d’argent qui se joue au travers,<br>Devient, entre ses houx lumineusement verts,<br>Une vapeur de lait, de cristal et d’hermine.</div><div style="margin:10px 0">Et c’est alors qu’on voit des formes long-voilées,<br>Deux spectres du silence et de l’isolement,<br>Se mouvoir côte à côte, harmonieusement,<br>Sur ce lac endormi de blancheurs étoilées.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3622" data-title="Le Val des marguerites de Maurice Rollinat" data-description="C’est au fond d’un ravin fantastique et superbe Où maint rocher lépreux penche et dresse le front : Une espèce de puits gigantesquement rond Dont l’eau n’aurait servi qu’à faire pousser l’herbe. Là, le mystère ému déployant se..."></div> </div> </div>
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