Click au champ, puis CTRL+C pour copier le code HTML
Copie
<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3545" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Le Grand Cercueil</strong></div><div style="margin:10px 0">Il pleuvasse avec du tonnerre...<br>Il est déjà tard… quand on voit<br>Dans le bourg entrer le convoi<br>De la défunte octogénaire.</div><div style="margin:10px 0">La clarté du jour s’est enfuie.<br>Tristement, la voiture à bœufs<br>A repris son chemin bourbeux :<br>Le cercueil attend sous la pluie.</div><div style="margin:10px 0">Un lent tintement qui vous glace<br>Dégoutte morne du clocher :<br>Voici tout le monde marcher<br>Vers la grande croix de la place,</div><div style="margin:10px 0">Quand il s’approche de la pierre<br>Pour lever le corps, le curé,<br>Tout en chantant, reste effaré<br>Par l’énormité de la bière.</div><div style="margin:10px 0">Certe ! avec ses planches massives,<br>Espèces de forts madriers<br>Crevassés, noueux, mal taillés,<br>Qui remplaceraient des solives,</div><div style="margin:10px 0">Elle apparaît si gigantesque<br>En épaisseur, en large, en long,<br>Si haute, d’un tel poids de plomb,<br>Qu’à la voir on en frémit presque.</div><div style="margin:10px 0">Elle s’étale sans pareille,<br>D’autant plus démesurément<br>Qu’elle renferme seulement<br>Un mince cadavre de vieille.</div><div style="margin:10px 0">L’immense couvercle en dos d’âne<br>A l’air aussi grand que les toits ;<br>Le drap trop court montre son bois<br>Roux et jaune comme un vieux crâne.</div><div style="margin:10px 0">Et tandis que d’une aigre sorte<br>Les enfants de chœur vont hurlant,<br>Le prêtre est là, se rappelant<br>Les dimensions de la morte.</div><div style="margin:10px 0">« Qu’avait-elle ? cinq pieds, à peine !<br>C’était maigre et gros comme rien !<br>Un seul corps pour ça qui peut bien<br>En contenir une douzaine !</div><div style="margin:10px 0">En a-t il fallu de la paille !<br>Aura-t-on dû l’empaqueter<br>Pour l’empêcher de ballotter<br>Comme un grain dans une futaille !</div><div style="margin:10px 0">Quel menuisier ! ça tient du songe !<br>Il doit sûrement celui-ci<br>Avoir le regard qui grossit,<br>Et dans sa main le mètre allonge ! »</div><div style="margin:10px 0">Les porteurs pliant sous leur charge,<br>En nombre, comme de raison,<br>Semblent traîner une maison.<br>Le brancard est bien long et large,</div><div style="margin:10px 0">Mais, il est usé ! quoi qu’on dise,<br>Puisque, hélas ! le monstre ligneux<br>Croule avec un bruit caverneux,<br>Juste en pénétrant dans l’église.</div><div style="margin:10px 0">C’est un bras du brancard qui casse...<br>On hisse l’effrayant cercueil<br>Sur l’estrade — et les chants de deuil<br>Sont bâclés sous la voûte basse.</div><div style="margin:10px 0">Puis, les cloches vont à volées...<br>À la montée, oh ! que c’est dur<br>Et long ! — Enfin ! voici le mur<br>Que dépassent les mausolées.</div><div style="margin:10px 0">Le chantre mêle sa voix fausse<br>Au bruit sourd des pas recueillis.<br>Debout, s’offre aux yeux ébahis<br>Le vieux sacristain dans la fosse.</div><div style="margin:10px 0">L’ombre vient. Personne ne bouge.<br>L’homme surmène, haletant,<br>Ses deux outils où par instant<br>Le soleil met un reflet rouge</div><div style="margin:10px 0">Brusque, le curé l’interpelle :<br>« Eh bien ! y sommes-nous ? » Et lui<br>Quitte la fosse avec ennui<br>En poussant sa pioche et sa pelle.</div><div style="margin:10px 0">Le gouffre baille son mystère :<br>Mais, le cercueil n’y glisse pas.<br>« Je m’en doutais ! » grogne tout bas<br>Le sacristain qui rentre en terre.</div><div style="margin:10px 0">Il remonte. On reprend la boîte<br>Qu’on ajuste du mieux qu’on peut.<br>Mais, il s’en faut toujours un peu :<br>La tombe est encore trop étroite.</div><div style="margin:10px 0">De nouveau, la pioche luisante<br>Descend l’élargir. Cette fois,<br>Le cercueil y coule à plein bois<br>En même temps qu’on l’y présente.</div><div style="margin:10px 0">Au bord du trou, qui s’enténèbre.<br>Un vieux qui tient le goupillon<br>Émet cette réflexion<br>En guise d’oraison funèbre :</div><div style="margin:10px 0">« Elle a bien mérité sa fosse !<br>C’est égal ! tout d’même, elle était<br>Trop p’tit’ quand elle existait<br>Pour faire une morte aussi grosse ! »</div><div style="margin:10px 0">Et, sous sa chape très ancienne,<br>Haut, solennel, — l’officiant<br>S’en revient en s’apitoyant<br>Sur sa défunte paroissienne :</div><div style="margin:10px 0">« L’infortune l’a poursuivie !...<br>« Pauvre cadavre enguignonné !...<br>« Tout pour elle aura mal tourné,<br>« Dans la mort comme dans la vie !</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3545" data-title="Le Grand Cercueil de Maurice Rollinat" data-description="Il pleuvasse avec du tonnerre... Il est déjà tard… quand on voit Dans le bourg entrer le convoi De la défunte octogénaire. La clarté du jour s’est enfuie. Tristement, la voiture à bœufs A repris son chemin bourbeux : Le cercueil attend..."></div> </div> </div>
cadre en ligne (trait simple)
cadre en ligne interrompue (ligne coupée)
cadre en points de suspension (cadre en pointillés)
cadre en ligne double
cadre en ligne cannelée
cadre avec ligne en relief
cadre baissé
cadre élevé
sans cadre
bleu
vert
rouge
pourpré
azuré
doré
argenté
noir