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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3519" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Le Chat</strong></div><div style="margin:10px 0">Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire<br>Par son être magique où s’incarne le sphinx ;<br>Par le charme câlin de la lueur si claire<br>Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,<br>Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.</div><div style="margin:10px 0">Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,<br>Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds ;<br>Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse,<br>C’est la beauté plastique en robe de velours :<br>Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,</div><div style="margin:10px 0">Vivant dans la pénombre et le silence austère<br>Où ronfle son ennui comme un poêle enchanté,<br>Sa compagnie apporte à l’homme solitaire<br>Le baume consolant de la mysticité<br>Vivant dans la pénombre et le silence austère.</div><div style="margin:10px 0">Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre,<br>C’est bien l’âme du gîte où je me tiens sous clé ;<br>De la table à l’armoire et du fauteuil à l’âtre,<br>Il vague, sans salir l’objet qu’il a frôlé,<br>Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre.</div><div style="margin:10px 0">Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue<br>Où livres et cahiers gisent ouverts ou clos,<br>Il passe comme un souffle, effleurant de sa queue<br>La feuille où ma pensée allume ses falots,<br>Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue.</div><div style="margin:10px 0">Quand il mouille sa patte avec sa langue rose<br>Pour lustrer son poitrail et son minois si doux,<br>Il me cligne de l’œil en faisant une pause,<br>Et je voudrais toujours l’avoir sur mes genoux<br>Quand il mouille sa patte avec sa langue rose.</div><div style="margin:10px 0">Accroupi chaudement aux temps noirs de décembre<br>Devant le feu qui flambe, ardent comme un enfer,<br>Pense-t-il aux souris dont il purge ma chambre<br>Avec ses crocs de nacre et ses ongles de fer ?<br>Non ! assis devant l’âtre aux temps noirs de décembre,</div><div style="margin:10px 0">Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes<br>À la face bizarre, aux tétons monstrueux,<br>Il songe à l’angora, mignonne des mignonnes,<br>Qu’il voudrait bien avoir, le beau voluptueux,<br>Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes.</div><div style="margin:10px 0">Il se dit que l’été, par les bons clairs de lune,<br>Il possédait sa chatte aux membres si velus ;<br>Et qu’aujourd’hui, pendant la saison froide et brune,<br>Il doit pleurer l’amour qui ne renaîtra plus<br>Que le prochain été, par les bons clairs de lune.</div><div style="margin:10px 0">Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve,<br>Et quand nous en sortons encor pleins de désir,<br>Il nous jette un regard jaloux et presque fauve,<br>Car tandis que nos corps s’enivrent de plaisir,<br>Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve.</div><div style="margin:10px 0">Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte,<br>Comme pour y cueillir un brin de volupté,<br>La passion reluit dans sa prunelle verte :<br>Il est beau de mollesse et de lubricité<br>Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte.</div><div style="margin:10px 0">Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante,<br>Dans le creux où son corps a frémi dans mes bras,<br>Il se roule en pelote, et sa tête charmante<br>Tourne de droite à gauche en flairant les deux draps,<br>Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante.</div><div style="margin:10px 0">Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule,<br>Et quand il s’est grisé de la senteur d’amour,<br>Il s’étire en bâillant avec un air si drôle,<br>Que l’on dirait qu’il va se pâmer à son tour ;<br>Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule.</div><div style="margin:10px 0">Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières<br>Où, matou lovelace et toujours triomphant,<br>Il s’amuse à courir pendant des nuits entières<br>Les chattes qu’il enjôle avec ses cris d’enfant :<br>Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières.</div><div style="margin:10px 0">Panthère du foyer, tigre en miniature,<br>Tu me plais par ton vague et ton aménité,<br>Et je suis ton ami, car nulle créature<br>N’a compris mieux que toi ma sombre étrangeté,<br>Panthère du foyer, tigre en miniature.</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3519" data-title="Le Chat de Maurice Rollinat" data-description="Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire Par son être magique où s’incarne le sphinx ; Par le charme câlin de la lueur si claire Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx, Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire. ..."></div> </div> </div>
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