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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3465" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>La Relique</strong></div><div style="margin:10px 0">Avant son mariage, – ô souffrance mortelle ! <br>Elle me la donna sa chemise en dentelle,<br> Celle qu’elle avait le doux soir<br>Où, cédant à mes pleurs qui lui disaient : « Viens, Berthe ! »<br>Près de moi haletant sur la couche entr’ouverte,<br> Frémissante elle vint s’asseoir.</div><div style="margin:10px 0">Ce linge immaculé qu’embaumait son corps vierge,<br>Quand elle vint me faire, aussi pâle qu’un cierge,<br> Ses chers adieux si redoutés,<br>Elle me le tendit d’un air mélancolique<br>En soupirant : « Voici la suprême relique<br> De nos défuntes voluptés.</div><div style="margin:10px 0">« Je te la donne, ami, ma chemise brodée :<br>Car, la première fois que tu m’as possédée,<br> Je la portais, t’en souviens-tu ?<br>Elle seule a connu les brûlantes ivresses<br>Que ta voix musicale et pleine de caresses<br> Faisait courir dans ma vertu.</div><div style="margin:10px 0">« Elle seule entendit les aveux réciproques<br>Que, jour et nuit, mes seins, dans leurs gentils colloques,<br> Échangeaient tout bas en tremblant ;<br>Elle seule a pu voir comme une vierge flambe<br>Quand le genou d’un homme ose effleurer sa jambe<br> Qui tressaille dans son bas blanc.</div><div style="margin:10px 0">« Dès l’heure où sur mon cou frémit ta lèvre ardente,<br>Tout mon corps anxieux a pris pour confidente<br> Cette chemise en tulle fin ;<br>Et ses sensations aussi neuves qu’impures,<br>Voluptueusement, dans le flot des guipures,<br> Ont dit qu’il se donnait enfin.</div><div style="margin:10px 0">« Conserve-la toujours ! Qu’elle soit pour ton âme<br>La chair mystérieuse et vague de la femme<br> Qui te voue un culte éternel ;<br>Qu’elle soit l’oreiller de tes regrets moroses ;<br>Quand tu la baiseras, songe aux nudités roses<br> Qui furent ton festin charnel !</div><div style="margin:10px 0">« Que les parfums ambrés de ma peau qui l’imprègnent,<br>Pour l’odorat subtil de tes rêves, y règnent<br> Candides et luxurieux !<br>Qu’elle garde à jamais l’empreinte de mes formes !<br>J’ai dit à mon amour : « J’exige que tu dormes<br> « Entre ses plis mystérieux. »</div><div style="margin:10px 0">« Les chaleurs, les frissons de ma chair en alarmes,<br>Quand ma virginité rouge et buvant ses larmes<br> Te fuyait comme un assassin,<br>Ce que j’ai ressenti de bonheur et de crainte<br>Quand tu m’as attirée et que tu m’as étreinte<br> En collant ta bouche à mon sein :</div><div style="margin:10px 0">« Elle t’apprendra tout ! Dans ses muettes odes,<br>Elle rappellera d’amoureux épisodes<br> À ton hallucination ;<br>Et ton rêve, y trouvant mes bien-aimés vestiges,<br>Bénira, l’aile ouverte au milieu des vertiges,<br> Sa chère fascination.</div><div style="margin:10px 0">« Adieu ! » – J’ai conservé la mignonne chemise<br>Je l’exhume parfois du coffre où je l’ai mise,<br> Et je la baise avec ferveur ;<br>Et mon rêve est si chaud, qu’en elle il fait revivre<br>Ce corps si capiteux dont je suis encore ivre,<br> Car il m’en reste la saveur.</div><div style="margin:10px 0">Alors, je la revois dans un nimbe de gloire,<br>La sirène aux pieds blancs comme du jeune ivoire,<br> Mon ancienne adoration,<br>Qui, moderne païenne, ingénue et lascive,<br>Allumait d’un regard dans mon âme pensive<br> Des fournaises de passion.</div><div style="margin:10px 0">Son corps de Grecque, ayant l’ardeur de la Créole,<br>Tour à tour délirant et plein de langueur molle,<br> Toujours affamé de plaisir,<br>Et qui, reptile humain, se tordait dans l’alcôve,<br>Bouillant d’une hystérie irrésistible et fauve<br> Pour éterniser mon désir ;</div><div style="margin:10px 0">Sa bouche de corail, humide et parfumée,<br>Ses petits pieds d’enfant, ses deux jambes d’almée,<br> Sa chevelure aux flots houleux,<br>Sa gorge aiguë et ferme, et ses robustes hanches,<br>Ses secrètes beautés purpurines et blanches,<br> Ses yeux immenses, noirs et bleus ;</div><div style="margin:10px 0">Tous ces mille rayons d’une chair si féline<br>Embrasent ma chair froide et toujours orpheline<br> Depuis que l’amour m’a quitté ;<br>Et lui criant : « Ma Berthe ! enlaçons-nous sans trêve ! »<br>Je la possède encor dans l’extase du rêve<br> Comme dans la réalité !<br></div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3465" data-title="La Relique de Maurice Rollinat" data-description="Avant son mariage, – ô souffrance mortelle ! Elle me la donna sa chemise en dentelle, Celle qu’elle avait le doux soir Où, cédant à mes pleurs qui lui disaient : « Viens, Berthe ! » Près de moi haletant sur la couche entr’ouverte, ..."></div> </div> </div>
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