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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3443" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>La Morte embaumée</strong></div><div style="margin:10px 0">Pour arracher la morte aussi belle qu’un ange<br> Aux atroces baisers du ver,<br>Je la fis embaumer dans un boîte étrange.<br> C’était par une nuit d’hiver :</div><div style="margin:10px 0">On sortit de ce corps glacé, roide et livide,<br> Ses pauvres organes défunts,<br>Et dans ce ventre ouvert aussi saignant que vide<br> On versa d’onctueux parfums,</div><div style="margin:10px 0">Du chlore, du goudron et de la chaux en poudre ;<br> Et quand il en fut tout rempli,<br>Une aiguille d’argent réussit à le coudre<br> Sans que la peau fit un seul pli.</div><div style="margin:10px 0">On remplaça ses yeux où la grande nature<br> Avait mis l’azur de ses ciels<br>Et qu’aurait dévorés l’infecte pourriture,<br> Par des yeux bleus artificiels.</div><div style="margin:10px 0">L’apothicaire, avec une certaine gomme,<br> Parvint à la pétrifier ;<br>Et quand il eut glapi, gai, puant le rogomme :<br> « Ça ne peut se putréfier !</div><div style="margin:10px 0">« J’en réponds. Vous serez troué comme un vieil arbre<br> « Par les reptiles du tombeau,<br>« Avant que l’embaumée, aussi dure qu’un marbre,<br> « Ait perdu le moindre lambeau ! »</div><div style="margin:10px 0">Alors seul, je peignis ses lèvres violettes<br> Avec l'essence du carmin,<br>Je couvris de bijoux, d'anneaux et d’amulettes<br> Son cou svelte et sa frêle main.</div><div style="margin:10px 0">J’entrouvris sa paupière et je fermai sa bouche<br> Pleine de stupeur et d’effroi ;<br>Et, grave, j’attachai sa petite babouche<br> À son pauvre petit pied froid.</div><div style="margin:10px 0">J’enveloppai le corps d’un suaire de gaze,<br> Je dénouai ses longs cheveux,<br>Et tombant à genoux je passai de l’extase<br> Au délire atroce et nerveux.</div><div style="margin:10px 0">Puis, dans un paroxysme intense de névroses<br> Pesantes comme un plomb fatal,<br>Hagard, je l’étendis sur un long tas de roses<br> Dans une bière de cristal.</div><div style="margin:10px 0">L’odeur cadavérique avait fui de la chambre,<br> Et sur les ors et les velours<br>Des souffles de benjoin, de vétyver et d’ambre<br> Planaient chauds, énervants et lourds.</div><div style="margin:10px 0">Et je la regardais, la très chère momie :<br> Et ressuscitant sa beauté,<br>J’osais me figurer qu’elle était endormie<br> Dans les bras de la volupté.</div><div style="margin:10px 0">Et dans un caveau frais où conduisent des rampes<br> De marbre noir et d’or massif,<br>Pour jamais, aux lueurs sépulcrales des lampes,<br> Au-dessous d’un crâne pensif,</div><div style="margin:10px 0">La morte en son cercueil transparent et splendide,<br> Narguant la putréfaction,<br>Dort, intacte et sereine, amoureuse et candide,<br> Devant ma stupéfaction.<br></div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3443" data-title="La Morte embaumée de Maurice Rollinat" data-description="Pour arracher la morte aussi belle qu’un ange Aux atroces baisers du ver, Je la fis embaumer dans un boîte étrange. C’était par une nuit d’hiver : On sortit de ce corps glacé, roide et livide, Ses pauvres organes défunts, Et dans ce..."></div> </div> </div>
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