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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3414" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>La Fille amoureuse</strong></div><div style="margin:10px 0">La belle fille blanche et rousse,<br>De la sorte, au long du buisson,<br>Entretient la mère Lison<br>À voix mélancolique et douce :</div><div style="margin:10px 0">« Moi cont’ laquell’ sont à médire<br>Les fill’ encor ben plus q’ les gars,<br>J’ tiens à vous esposer mon cas,<br>Et c’est sans hont’ que j’ vas vous l’ dire,</div><div style="margin:10px 0">Pac’ que vous avez l’humeur ronde,<br>Et, q’ rapportant sans v’nin ni fiel<br>Tout’ les affair’ au naturel,<br>Vous les jugez au r’bours du monde.</div><div style="margin:10px 0">Tout’ petit’, j’étais amoureuse,<br>J’étais déjà foll’ d’embrasser...<br>Et, mes seize ans v’naient d’ commencer,<br>Que j’ m’ai senti d’êtr’ langoureuse,</div><div style="margin:10px 0">Autant q’ l’âm’ j’avais l’ corps en peine :<br>Cachant mes larm’ à ceux d’ chez nous,<br>Aux champs assise, ou sur mes g’noux,<br>Des fois, j’ pleurais comme un’ fontaine.</div><div style="margin:10px 0">Les airs de vielle et d’ cornemuse<br>M’étaient d’ la musique à chagrin,<br>Et d’ mener un’ vache au taurin<br>Ça m’ rendait songeuse et confuse.</div><div style="margin:10px 0">J’avais d’ la r’ligion, ma mèr’ Lise,<br>Eh ben ! mon cœur qui s’ennuyait<br>Jamais alors n’ fut plus inquiet<br>Qu’ent’ les cierg’ et l’encens d’ l’église.</div><div style="margin:10px 0">Ça m’ tentait dans mes veill’, mes sommes,<br>Et quoi q’ c’était ? J’en savais rien.<br>J’ m’en sauvais comm’ d’un mauvais chien<br>Quand j’trouvais en c’h’min quèq’ jeune homme,</div><div style="margin:10px 0">En mêm’ temps, m’ venaient des tendresses<br>Oui m’ mouillaient tout’ l’âme comm’ de l’eau,<br>Tell’ que trembl’ les feuill’ du bouleau<br>J’ frémissais sous des vents d’ caresses.</div><div style="margin:10px 0">Un jour, au bout d’un grand pacage,<br>J’ gardais mon troupeau dans des creux,<br>En des endroits trist’ et peureux,<br>À la lisièr’ d’un bois bocage ;</div><div style="margin:10px 0">Or, c’était ça par un temps drôle,<br>Si mort q’yavait pas d’ papillons,<br>Passa l’ long d’ moi, tout à g’nillons,<br>Un grand gars, l’ bissac sur l’épaule.</div><div style="margin:10px 0">Sûr ! il était pas d’ not’ vallée,<br>Dans l’ pays j’ l’avais jamais vu.<br>Pourtant, dès que j’ le vis, ça fut<br>Comm’ si j’étais ensorcelée !</div><div style="margin:10px 0">Tout’ moi, mes quat’ membr’, lèvr’, poitrine,<br>J’ devins folle ! et j’ trahis alors<br>C’ désir trouble et caché d’ mon corps<br>Dont l’ rong’ment m’ rendait si chagrine.<br>J’ laissai là mes moutons, mes chèvres,<br>Et j’ suivis c’t’homme en le r’poussant,<br>Livrée à lui par tout mon sang,<br>Qui m’ brûlait comme un’ mauvais’ fièvre.</div><div style="margin:10px 0">Et, lorsque j’ m’en r’vins au soir pâle,<br>D’ mon tourment j’ savais la raison,<br>Et q’ fallait pour ma guérison<br>Fair’ la f’melle et pratiquer l’ mâle.</div><div style="margin:10px 0">D’puis c’ moment-là, je r’semble un’ louve<br>Qui dans l’ nombr’ des loups f’rait son choix ;<br>Sans plus d’ genr’ que la bêt’ des bois,<br>Quand ça m’ prend, faut q’ mes flancs s’émouvent !</div><div style="margin:10px 0">Ivre, à tout’ ces bouch’ d’aventure<br>J’ bois des baisers chauds comm’ du vin ;<br>Ma peau s’ régal’, mon ventre a faim<br>De c’ tressail’ment q’est sa pâture.</div><div style="margin:10px 0">Avec l’homm’ j’ai pas d’ coquett’rie,<br>Et quand il m’a prise et qu’on s’ tient,<br>Je m’ sers de lui comm’ d’un moyen,<br>Je n’ pens’ qu’à moi dans ma furie.</div><div style="margin:10px 0">Ceux q’enjôl’ les volag’, les niaises,<br>Qui s’ prenn’ à l’Amour sans l’aimer,<br>Ont ben essayé de m’ charmer :<br>Ils perd’ leur temps lorsque j’ m’apaise.</div><div style="margin:10px 0">Ça fait q’ jamais je n’ m’abandonne<br>Pour l’intérêt ou l’amitié,<br>Ni par orgueil ni par pitié.<br>C’est pour me calmer que j’ me donne !</div><div style="margin:10px 0">M’ marier ? Non ! j’enrag’rais ma vie !<br>Tromper mon mari ? l’épuiser ?<br>Ou que j’ me priv’ pour pas l’user ?<br>Faut d’ l’amour neuf à mon envie !</div><div style="margin:10px 0">L’ feu d’ la passion q’ mon corps endure<br>Met autant mon âme en langueur,<br>Et c’ qui fait les frissons d’ mon cœur,<br>C’est ceux qui m’ pass’ dans la nature</div><div style="margin:10px 0">Avec le sentiment qui m’ glace<br>Mon désir n’a pas d’unisson,<br>Et j’ peux pas connaît’ un garçon<br>Sans y d’mander qu’on s’entrelace.</div><div style="margin:10px 0">Tous me jett’ la pierre et m’ réprouvent,<br>Dis’ que j’ fais des commerc’ maudits,<br>Pourtant, je m’ crois dans l’ Paradis<br>Quand l’ plaisir me cherche et qui m’ trouve !</div><div style="margin:10px 0">J’ suis franch’ de chair comm’ de pensée,<br>J’ livr’ ma conscience avec mon corps,<br>V’là pourquoi j’ n’ai jamais d’ remords<br>Après q’ ma folie est passée.</div><div style="margin:10px 0">Eh ben ! Vous qu’êt’ bonn’, sans traîtrise,<br>Mer’ Lison ? Vous qu’êt’ sans défaut,<br>Dit’ ? à vot’ idée ? es’qu’i’ faut<br>Que j’ me r’pente et que j’ me méprise ? »</div><div style="margin:10px 0">La vieille, ainsi, dans la droiture<br>De son sens expérimenté,<br>D’après la loi d’éternité,<br>La juge au nom de la Nature :</div><div style="margin:10px 0">« Je n’ vois pas q’ ton cas m’embarrasse,<br>Ma fille ! T’as l’ corps obéissant<br>Au conseil libertin d’ ton sang<br>Qu’est une héritation d’ ta race.</div><div style="margin:10px 0">C’est pas l’ vice, ni la fantaisie<br>Qui t’ pouss’ à l’homm’... c’est ton destin !<br>J’ blâm’ pas ta paillardis’ d’instinct<br>Pac’ qu’elle est sans hypocrisie.</div><div style="margin:10px 0">Ceux qui t’appell’ traînée infâme<br>En vérité n’ont pas raison :<br>L’ sort a mis, comm’ dans les saisons,<br>Du chaud ou du froid dans les femmes.</div><div style="margin:10px 0">Tout’ ceux bell’ moral’ qu’on leur flanque<br>Ell’ les écout’ sous condition :<br>Cell’ qui n’ cour’ pas, c’est l’occasion<br>Ou la forc’ du sang qui leur manque.</div><div style="margin:10px 0">Et d’ailleurs, conclut la commère :<br>Qu’èq’ bon jour, t’auras des champis,<br>Si t’en fais pas, ça s’ra tant pis :<br>Tu chang’rais d’amour, étant mère !</div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3414" data-title="La Fille amoureuse de Maurice Rollinat" data-description="La belle fille blanche et rousse, De la sorte, au long du buisson, Entretient la mère Lison À voix mélancolique et douce : « Moi cont’ laquell’ sont à médire Les fill’ encor ben plus q’ les gars, J’ tiens à vous esposer mon cas, ..."></div> </div> </div>
cadre en ligne (trait simple)
cadre en ligne interrompue (ligne coupée)
cadre en points de suspension (cadre en pointillés)
cadre en ligne double
cadre en ligne cannelée
cadre avec ligne en relief
cadre baissé
cadre élevé
sans cadre
bleu
vert
rouge
pourpré
azuré
doré
argenté
noir