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<div style="background:#fff;border:#bbb dashed 1px;padding:5px"><a href="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3347" style="color:#000;text-decoration:none"><div style="margin:10px 0"><strong>Chopin</strong></div><div style="margin:10px 0">Chopin, frère du gouffre, amant des nuits tragiques,<br>Âme qui fus si grande en un si frêle corps,<br>Le piano muet songe à tes doigts magiques<br>Et la musique en deuil pleure tes noirs accords.</div><div style="margin:10px 0">L’harmonie a perdu son Edgar Pœ farouche<br>Et la mer mélodique un de ses plus grands flots.<br>C’est fini ! le soleil des sons tristes se couche,<br>Le Monde pour gémir n’aura plus de sanglots !</div><div style="margin:10px 0">Ta musique est toujours – douloureuse ou macabre <br>L’hymne de la révolte et de la liberté,<br>Et le hennissement du cheval qui se cabre<br>Est moins fier que le cri de ton cœur indompté.</div><div style="margin:10px 0">Les délires sans nom, les baisers frénétiques<br>Faisant dans l’ombre tiède un cliquetis de chairs,<br>Le vertige infernal des valses fantastiques,<br>Les apparitions vagues des défunts chers ;</div><div style="margin:10px 0">La morbide lourdeur des blancs soleils d’automne ;<br>Le froid humide et gras des funèbres caveaux ;<br>Les bizarres frissons dont la vierge s’étonne<br>Quand l’été fait flamber les cœurs et les cerveaux ;</div><div style="margin:10px 0">L’abominable toux du poitrinaire mince<br>Le harcelant alors qu’il songe à l’avenir ;<br>L’ineffable douleur du paria qui grince<br>En maudissant l’amour qu’il eût voulu bénir ;</div><div style="margin:10px 0">L’âcre senteur du sol quand tombent des averses ;<br>Le mystère des soirs où gémissent les cors ;<br>Le parfum dangereux et doux des fleurs perverses ;<br>Les angoisses de l’âme en lutte avec le corps ;</div><div style="margin:10px 0">Tout cela, torsions de l’esprit, mal physique,<br>Ces peintures, ces bruits, cette immense terreur,<br>Tout cela, je le trouve au fond de ta musique<br>Qui ruisselle d’amour, de souffrance et d’horreur.</div><div style="margin:10px 0">Vierges tristes malgré leurs lèvres incarnates,<br>Tes blondes mazurkas sanglotent par moments,<br>Et la poignante humour de tes sombres sonates<br>M’hallucine et m’emplit de longs frissonnements.</div><div style="margin:10px 0">Au fond de tes Scherzos et de tes Polonaises,<br>Épanchements d’un cœur mortellement navré,<br>J’entends chanter des lacs et rugir des fournaises<br>Et j’y plonge avec calme et j’en sors effaré.</div><div style="margin:10px 0">Sur la croupe onduleuse et rebelle des gammes<br>Tu fais bondir des airs fauves et tourmentés,<br>Et l’âpre et le touchant, quand tu les amalgames,<br>Raffinent la saveur de tes étrangetés.</div><div style="margin:10px 0">Ta musique a rendu les souffles et les râles,<br>Les grincements du spleen, du doute et du remords,<br>Et toi seul as trouvé les notes sépulcrales<br>Dignes d’accompagner les hoquets sourds des morts.</div><div style="margin:10px 0">Triste ou gai, calme ou plein d’une angoisse infinie,<br>J’ai toujours l’âme ouverte à tes airs solennels,<br>Parce que j’y retrouve à travers l’harmonie,<br>Des rires, des sanglots et des cris fraternels.</div><div style="margin:10px 0">Hélas ! toi mort, qui donc peut jouer ta musique ?<br>Artistes fabriqués, sans nerf et sans chaleur,<br>Vous ne comprenez pas ce que le grand Phtisique<br>A versé de génie au fond de sa douleur !<br></div><div style="margin:10px 0"><br /></a><br />poésie de <a href="http://fr.citatepedia.ro/by.php?a=Maurice+Rollinat">Maurice Rollinat</a><div class=q> <img src="https://www.citatepedia.ro/g/32share.png" style="float:left" alt="Share"> <script type="text/javascript" src="//s7.addthis.com/js/300/addthis_widget.js#pubid=citatepedia" async="async"></script><div style="display:inline-block" class="addthis_sharing_toolbox" data-url="http://fr.citatepedia.ro/comments.php?id=3347" data-title="Chopin de Maurice Rollinat" data-description="Chopin, frère du gouffre, amant des nuits tragiques, Âme qui fus si grande en un si frêle corps, Le piano muet songe à tes doigts magiques Et la musique en deuil pleure tes noirs accords. L’harmonie a perdu son Edgar Pœ farouche Et la mer ..."></div> </div> </div>
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